Acouphène pulsatile
la fiche récap'
👨⚕️ Salut les supers docteurs,
Cette semaine, on s’attaque à un symptôme aussi fascinant que trop souvent ignoré: l’acouphène pulsatile.
Avec le Pr Emmanuel Houdart, neuroradiologue de référence à l’Hôpital Lariboisière, on revient sur ce bruit intérieur si particulier — au rythme du cœur — qui peut ruiner la qualité de vie… alors même qu’il est le plus souvent curable.
Voici l’essentiel à retenir 👇
🧠 Différencier les types d’acouphènes
95 % des acouphènes sont continus : bourdonnement, sifflement, sans traitement curatif.
5 % sont pulsatiles : bruit rythmique (pchit-pchit / boum-boum) synchrone du pouls.
C’est un diagnostic d’interrogatoire : poser la question, ou mieux, imiter les sons avec le patient.
💥 Pourquoi c’est crucial ?
L’acouphène pulsatile est souvent curable.
Le ne pas identifier, c’est laisser les patients en errance diagnostique parfois pendant des années.
🧩 Deux mécanismes en cause
Turbulences vasculaires (écoulement de sang accéléré et audible)
Déhiscences osseuses (perte de l’isolement de l’oreille interne)
🔍 Examens à prescrire
IRM vasculaire dédiée, pas une IRM cérébrale classique
Scanner des rochers pour visualiser les anomalies osseuses
(Évitez les dopplers cervicaux inutiles dans ce contexte.)
🎯 Première cause : sténose du sinus veineux latéral
Touche surtout les femmes jeunes
Diagnostic = IRM + manœuvre de compression jugulaire
Traitement : stent veineux → effet immédiat (on/off)
⚠️ Le “signe de la cale cervicale” (le patient dort avec un oreiller sous la joue pour interrompre le bruit) est quasi pathognomonique.
🛠️ Autres causes à connaître
Fistules artério-veineuses durales → embolisation
Otospongiose → chirurgie ciblée
Déhiscence du canal semi-circulaire → recouvrement osseux
Formes idiopathiques (30 %) → parfois soulagement avec toxine botulique
🧭 Errance diagnostique : un drame évitable
En moyenne : 4 ans de retard au diagnostic
Médecins trop souvent piégés par des réflexes psychosomatiques, un vocabulaire flou (”acouphène subjectif”)
Le message clé du Pr Houdard :
« Ce n’est pas vital, mais ce n’est pas vivable. »
🩺 À retenir pour vos consultations
Ne jamais se contenter de “acouphène”, toujours caractériser : continu ou pulsatile ?
Si pulsatile → systématiquement explorer, ou orienter vers un centre spécialisé
Prendre le temps d’écouter et de croire vos patients : c’est souvent la première chose qu’ils n’ont pas eue
🧠 Message final : retour à la clinique
Une ligne, un bruit, une mimique : parfois, 5 secondes d’écoute suffisent à changer une vie
Diagnostiquer un acouphène pulsatile, ce n’est pas anodin : c’est un acte profondément humain, et souvent salvateur.
À vendredi prochain pour un nouveau Super Récap’ !
🖊️ Matthieu


So sad, that there is no English version for international audience. The Google translator is here horrible with translation s.