Internes en colères
Loi Garot, 4ème année d'internat...
👨⚕️ Salut les supers docteurs,
Cette semaine, je donne la parole à un acteur central des réformes en cours : Killian L’helgouarc’h, interne en médecine générale et président de l’ISNI.
Avec lui, on parle de formation, d’accès aux soins, de liberté d’installation et de santé mentale. Bref, tout ce qui façonne (ou menace) notre avenir commun. Voici ce qu’il faut retenir.
🩺 La 4e année d’internat de médecine générale : floue, imposée… et inutile ?
Votée en 2022 sans concertation, censée entrer en vigueur fin 2025.
Officiellement pensée pour « consolider la formation »… mais surtout perçue comme un levier politique pour pallier les déserts médicaux.
À ce jour : incertitudes majeures sur l’organisation, la rémunération, et surtout sur la capacité à trouver des maîtres de stage formés et motivés.
🎯 L’ISNI réclame :
Une vraie plus-value pédagogique (gestion de cabinet, administratif, préparation à l’installation).
Une rémunération cohérente (modèle à l’acte refusé, forfaits similaires aux docteurs juniors hospitaliers obtenus).
Le retrait de l’obligation de permanence des soins (grande victoire syndicale de 2024).
📍 La loi Garot : réguler l’installation des médecins, ou les punir ?
Proposition de loi visant à interdire l’installation dans les zones “surdenses” (soit plus de 4 500 communes, dont Limoges !).
Objectif affiché : répondre à la colère des zones rurales.
En réalité, une mesure inefficace, injuste et contre-productive.
💥 Position de l’ISNI :
Pas de surdensité médicale constatée sur le terrain.
Le problème n’est pas la répartition… mais le manque global de médecins.
Risque : démotiver encore davantage les jeunes à s’installer.
Défense ferme de la liberté d’installation, non par dogmatisme, mais parce que c’est ce qui fonctionne le mieux.
✅ Les contre-propositions concrètes des internes pour les territoires
L’ISNI ne fait pas que dire non. Elle propose :
Développer l’ancrage territorial dès les études (éviter le nomadisme tous les 6 mois, permettre des stages longs dans un même bassin).
Créer un assistanat territorial, comme à l’hôpital, pour attirer durablement de jeunes médecins en zone sous-dotée.
Accompagnement réel à l’installation, en particulier pour les étudiants engagés en zone prioritaire (contrats de service public… sans suivi réel aujourd’hui).
🧠 Santé mentale des internes : une urgence nationale
1 suicide tous les 18 jours. 66 % de burn-out. 21 % de troubles anxieux ou dépressifs.
Des cellules SOS internes créées localement, tenues par des pairs.
Nouvelle initiative : généraliser des formations aux premiers secours en santé mentale, sur le modèle du massage cardiaque.
L’objectif ? Former chaque étudiant à détecter et orienter les signaux de détresse.
Continuons à nous mobiliser pour défendre une médecine de qualité ✊
A la semaine prochaine!
Matthieu

