Soigner sans médicament
grâce aux INM
👨⚕️ Salut les supers docteurs,
Dans cette newsletter, on s’attaque à un sujet aussi passionnant que crucial pour notre pratique : les interventions non médicamenteuses (INM).
Elles sont de plus en plus plébiscitées par nos patients… mais encore trop peu encadrées dans nos outils de prescription.
Avec le Pr Grégory Ninot, professeur à l’Université de Montpellier et spécialiste du sujet, on explore comment les reconnaître, les valider, et les intégrer concrètement en cabinet, avec la même exigence scientifique que pour les médicaments.
Voici ce qu’il faut retenir 👇
🔍 De quoi parle-t-on ?
Les INM désignent des protocoles de soins ou de prévention non médicamenteux, mais validés scientifiquement, encadrés par des professionnels qualifiés.
Exemples : activité physique adaptée, TCC, hypnose, diététique, ETP…
L’objectif : proposer des soins efficaces et durables sans tomber dans les dérives des médecines dites “douces”.
🧩 Ce qu’est (vraiment) une INM
Pour être reconnue comme INM, une pratique doit répondre à 5 critères :
Décrite (protocole clair, début-fin, contenu, objectif)
Explicable (mécanismes physiologiques ou psycho-sociaux identifiés)
Efficace (bénéfice-risque démontré par des études cliniques)
Sûre (risques connus, peu d’effets indésirables)
Implémentable (applicable dans le système de santé français)
⚠️ À l’inverse, les “médecines douces” n’ont aucune obligation de démonstration scientifique.
🧪 INM ≠ médicament : comment les évaluer ?
Pas de double aveugle possible (on ne peut pas “cacher” un kiné ou une séance de yoga)
Nécessité d’un protocole rigoureux adapté aux INM :
✅ Étude prototypique (description complète)
✅ Études mécanistiques (neuro, physio, psycho…)
✅ Études en vie réelle (effectiveness)
✅ Études d’implémentation (contexte, faisabilité)
✅ Études médico-économiques
Ces étapes sont désormais standardisées par un référentiel soutenu par l’INSERM et reconnu par la HAS.
👨⚕️ INM à connaître en cabinet
Voici quelques INM validées pour des motifs courants :
TCC-i (TCC pour insomnie)
Programme Otago (prévention des chutes chez la PA)
ETP en cancérologie (accompagnement des traitements oraux)
Drainage lymphatique spécifique (post-traitements du cancer)
APA encadrée (douleurs chroniques, fatigue, etc.)
Ces pratiques ne sont pas « alternatives » : elles complètent, renforcent, ou préviennent.
📎 Ressources concrètes à consulter
🔹 Référentiel officiel des INM :
➡️ https://www.referentielinm.org/fr/
🔹 Société savante NPIS :
➡️ https://www.npisociety.org/fr/
👉 Vous y trouverez :
Des fiches pratiques et cahiers des charges
Des codes traçables à intégrer dans vos logiciels métier
Des outils pour mieux prescrire et argumenter
🧭 Ce que ça change pour nous
Les INM ne sont ni des gadgets, ni des recettes de blog bien-être.
Ce sont des interventions traçables, validées, codifiables et, demain, remboursables.
À terme, nous disposerons d’un “Vidal des INM”, consultable en cabinet.
💡 Notre rôle de MG ?
➡️ Composer, avec exigence, une stratégie de soin adaptée aux besoins, aux preuves, et aux préférences du patient.
🎧 Envie d’aller plus loin ?
L’épisode complet avec le Pr Grégory Ninot est disponible sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer, ou YouTube
À bientôt dans vos boîtes mail ✉️ et sur le podcast 🎙️ !


Bonjour,
Merci pour cette newsletter passionnante.
En vous lisant, j’ai pensé à un angle complémentaire : la question de la régulation autonome via le nerf vague.
On parle souvent d’APA, de TCC ou de nutrition, mais les recherches récentes montrent à quel point l’activation parasympathique joue un rôle clé dans la réussite des INM. Par exemple, des gestes simples de respiration ou de relaxation vagale favorisent l’adhésion du patient et potentialisent l’efficacité de l’APA dans les douleurs chroniques ou des TCC pour l’insomnie.
Cela me semble être une piste encore trop peu mise en avant dans les référentiels, alors qu’elle touche au mécanisme même de la régénération et de la résilience.
Merci encore pour ce travail de synthèse qui donne envie d’approfondir.
Bien à vous,
Cécilia - Orthophoniste
> De nombreuses personnes bipolaires utilisent la natation comme traitement. Et d'ailleurs certains grands champions ont reconnu leur bipolarité (M. Phelps en particulier).
> Par exemple pour moi, c'est 30mn tous les jours (sans faute !), avec des exercices respiratoires - en complément d'un traitement par Lithium. D'autres, rares sans doute, arrivent à ne faire que de la natation, c'est remarquable !
> Je ne pense pas qu'il y ait de validation scientifique - qui pourtant ne serait pas très compliquée à réaliser (je suis scientifique).
> Il m'en coute environ 1000 euros par an, mais ça n'est pas le principal problème me concernant. Le vrai problème est l'accessibilité des piscines.
Les horaires d'ouverture des piscine en France sont pour le moins "étriqués", ce qui rajoute de la contrainte à la contrainte de devoir organiser chaque jour sa journée en fonction du moment où on ira à la piscine - ce qui prend souvent 2h quand il y a un trajet.
> C'est dans ce type de situation qu'il est réellement important de faire reconnaitre que cette pratique est un TRAITEMENT.
Pour diminuer la contrainte concernant les horaires accessibles, mais aussi pour faire en sorte que chaque personne concernée puisse avoir accès chaque jour à son traitement dans des conditions acceptables, comme pour n'importe quel traitement.